Il y a 50 ans bientôt, disparaissait Carl Gustave Jung, le célèbre psychologue suisse qui inspire,
aujourd'hui plus que jamais, la pratique de nombreux professionnels de la psychologie, de l'enseignement et du coaching.
Si la théorie junguienne connaît un franc succès depuis ses débuts dans les pays anglo-saxons, on constate en revanche, que les universités françaises lui préférent encore
aujourd'hui Freud ou Lacan.
C'est paradoxalement des Etats-Unis que nous reviennent depuis quelques années certains des éléments théoriques junguiens tels que les types psychologiques notamment . En effet, soutenu par un
puissant marketing de masse à la manière américaine, l'utilisation d'un questionnaire typologique présenté comme étant construit en partie à partir des travaux de Jung, s'est développée au
fil des années dans les milieux du coaching. Dans le meilleur des cas, les utilisateurs de ce questionnaire découvrent ainsi, à la faveur d'une rapide formation à l'utilisation de l'outil en
question, quelques fragments d'une vaste théorie : la théorie junguienne. Malheureusement, dans bien des cas, l'immensité de l'oeuvre junguienne passe rapidement à la trappe pour laisser la place
à une "typologisation" parfois sauvage, oubliant par là-même très rapidement le concept fondateur de l'approche typologique : l'INDIVIDUATION.
Ce passage à la trappe de tout un pan de la théorie des types psychologiques me semble particulièrement préjudiciable et ce à plus d'un titre. En effet, une telle typologisation exclue trop
souvent l'idée même de développement psychologique et condamne l'individu à rester enfermé dans une "case" (un type) pour le reste de ses jours. C'est oublier qu'à l'intérieur d'un
type donné, l'individu en question a la possibilité de se développer psychologiquement et ce sur différents plans.
N'oublions pas en effet, que l'approche typologique n'a de sens que si on ne perd pas de vue le concept d'individuation. Cela suppose de considérer les différentes étapes de la vie d'une
personne : de sa plus tendre enfance, à l'âge adulte en passant par l'adolescence. De même comment est-il possible de donner " froidement " un questionnaire typologique à une personne d'une
cinquantaine d'année, par exemple, et la laisser se débrouiller pour répondre aux questions posées sur ses préférences sans lui donner le moyen de se situer dans le temps : son temps personnel,
son histoire. L'histoire de sa vie ne comporte-t-elle pas différentes périodes importantes chacune d'elles marquée par des préférences plus ou moins accentuées ? Comment alors s'y
retrouver si le questionnaire proposé ne comporte aucun repère temporel ?
Telle est la question qui se pose à cet outil typologique.
En tant que psychologue, j'ai utilisé pendant quelques années cet outil avant de me rendre compte de ce point particulièrement important. C'est cette même question qui revenait régulièrement dans
la bouche des personnes qui passaient le questionnaire qui a attiré mon attention : " Dois-je répondre en pensant à moi aujourd'hui ou ... comme j'étais avant ? ...
"
Cette phrase est, en effet, revenue de nombreuses fois avant que cette réalité ne fasse écho en moi. Je devais me rendre à l'évidence : le questionnaire
ne comportait aucun des "repères temporaux" pourtant indispensables pour permettre à la personne de se situer véritablement dans son propre développement
et au regard de son histoire (life span).
Depuis cette date, je n'utilise plus ce questionnaire et je m'attache à accompagner la personne que j'ai en face de moi à explorer et identifier son type psychologique en ayant bien soin de lui
demander en permanence de se situer dans sa propre histoire.
Un collectif de psychologues européens et russes s'est intéressé à cette incontournable question de la temporalité dans les outils typologiques dits "junguiens". Les recherches
menées par ces professionnels de l'orientation et ces universitaires ont conduit à confirmer l'importance de la dimension temporelle dans cette approche de l'individu. C'est donc au niveau
international que les travaux sur le sujet ont été menés. Ils ont conduit à l'élaboration d'un questionnaire typologique junguien de "seconde génération" qui est le seul à ce jour
et le premier au monde à intégrer totalement des repères temporaux dans la structure de ses questions. Les praticiens et chercheurs associés à ce projet ont, par ailleurs, tenu
à rappeler l'importance des travaux fondateurs de Jung en incluant le nom du célèbre psychologue dans l'intitulé de ce nouvel outil : " Identification of Jungian Type & Identification-Process " ( IJTI-Process).
Le nom (en Français) de ce questionnaire typologique parle de lui-même : "Identification du type junguien et du processus d'individuation". Enfin, grâce au
IJTI-Process l'approche typologique proposée par Jung retrouve ses lettres de noblesse : le processus
d'individuation, pièce maîtresse de cette théorie est véritablement, pour la première fois de l'histoire des outils typologiques, placé à la
place qu'il mérite : la place centrale.
Le IJTI-Process, initialement conçu en langue anglaise fait actuellement l'objet de traductions en Français, Portugais, Espagnol, Arabe et Russe. Il sera très prochainement disponible en
ligne.
L'utilisation du IJTI-Process est réservée aux personnes accréditées. L'accréditation internationale est obtenue suite à une formation de 4
jours. Celle-ci permet d'obtenir le titre de Praticien Certifié.